mercredi 7 mai 2008

Ce que parler veut dire- L'art du blog (3)

Comme je l'ai indiqué modestement dans le descriptif de ce portrait, les langues sont un sujet de prédilection dans ma vie, sont même un sujet de dilection, je suis un dilettante des langues et de l'acte de la parole, de parler. Parmi les mots, il en est un que j'aime employer, mais en dehors de son contexte religieux dans un contexte laïc et païen : glossolalie. La glossolalie (du grec γλῶσσα,/ glôssa, « langue ( organe et celle que l'on parle) », que l'on retrouve aussi dans polyglotte : plusieurs langue, le -SS- et le -TT- sont une variation dialectale à l'intérieur des dialecte grecs, et λαλέω, laleô, « parler », Eulalie est celle qui parle bien) est un phénomène rencontré dans le christianisme, le chamanisme, le spiritisme, etc. Ce phénomène dit le charme de la parole, de la parole et du babil, babiller est une action enfantine qui dit le bonheur et la grâce de la "langue des anges", le babil, parler des langues étrangères. Et aussi de l'étrangemetn du langage. Parler, on le sait depuis l'invention de la confession et de Freud, soigne, guérit et soulage l'âme défaillante, malade, douloureuse.
Mais parler est aussi un bonheur, une joie, une grâce, un charme. Parler, savoir bien parler, être un rhéteur ou un orateur, un bretteur des mots, un dandy de la la parole constitue l'un des rêves les plus aimables et l'une des ambitions les plus aimables. Parce que parler est d'abord et avant tout un acte de liberté et de construction.
Le blog est le plus souvent un babil, une action légère et inoffensive ou agressive pour poser dans le vide incommensurable de l'univers du Net le signe d'un individu. Ce sont les caeli subter labentia signa de Lucrèce qui glissent, impavides et timides, dans le froid en expansion de la toile. Voilà ce qu'est le blog, une étoile, un système stellaire qui glisse et se construit face à ce que l'on peut ressentir. Mais serai-je lu, entendu, compris, visible ou invisible dans la forêt des signes ?
Un blog relève de la glossolalie, de la parole angélique, de celui qui vient messager de lui-même, de son idée, de sa passion, une parole presque libre et dilettante. Parousie, présence de soi dans l'inextricable désert existentiel de tout individu. Comme le graffiti, signature invisible, car incompréhensible le plus souvent, parole primitive et première qui se glisse dans l'interstice du vide urbain, pas de graffiti à la campagne, parole illettrée, car elle n'est pas la parole du mandarin, mais d'un éros dépenaillé et sordide, Eros imaginé par Diotime et Platon en son Banquet, fils de Poros et de Pénia, qui marque l'espace d'une manière esthétique, ou esthétisante, et répétitive, le blog dit une présence. Le blog comble le vide, le vide du Net, espace que l'intelligence et la création occupent, car, nous le savons, c'est l'esprit humain qui a horreur du vide et non pas la nature. Le blog est donc un artifice parfait, par sa technique, par sa poiétique.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Apprendre a parle Japonnais ...
幸運